Le textile est le nom donné à toute étoffe ou matériaux réalisé à partir de fibres ou de filaments (naturels, chimiques, minéraux) ou de matériaux textiles.
On distingue deux grandes classes de textiles auxquelles s'ajoutent plusieurs sous classes possibles :
- textiles traditionnels : textiles pour lesquels on porte l'attention sur l'apparence et le confort. Il s'agit surtout du domaine de la mode, souvent du vêtement, mais aussi de l'ameublement (draps, tentures, rideaux, nappes, serviettes, tapisseries) ;
- textiles techniques : sont classés dans cette catégorie tous textiles pour lesquels importent les caractéristiques mécaniques, chimiques, physico-chimiques et ayant une application technique : géotextile, textile médical, matériaux composite à renfort textile.
Le feutre est une étoffe faite de poils d'animaux agglomérés ensemble par pression et ébouillantage.
Dans l'industrie chapelière, le feutre est fabriqué avec des poils d'animaux notamment le lapin ou l'agneau. Le poil de castor était réservé aux objets luxueux et il a été utilisé jusqu'au XIXème siècle avant d'être remplacé par le haut-de-forme en soie. Le feutre huilé est aussi utilisé en mécanique comme filtre et joint d'étanchéité aux poussières.
Dès la préhistoire, les nomades d'Asie centrale, Azerbaïdjan, Iran, Mongolie, Pakistan, fabriquaient vêtements, bottes et chapeaux mais aussi leurs tapis et leurs tentes (les yourtes) en feutre.
Pour ce faire, ils utilisaient des poils de chèvre, de mouton, de chameau mais aussi d'autres animaux (ours, castors, etc.) ou même simplement des cheveux. Bien que connaissant parfaitement l’art du tissage (voir leurs magnifiques tapis au point noué), ils trouvaient que le feutre, isolant phonique et thermique, imperméable, facile à fabriquer, était bien plus durable.
Durant l’Antiquité des peuples aux technologies évoluées (Chinois, Grecs, Romains, etc.) utilisèrent le feutre, comme couverture (de chariot par exemple) ou comme rembourrage de selles ou d’armures, comme pare-flèches (un feutre épais arrête mieux que le cuir).
Mais le feutre s'est perdu en Europe occidentale à la suite du déclin de l'Empire romain et ce sont les croisés qui l’ont ramené de Constantinople.
Aux XIIème et XIIIème siècles, son usage connut un essor considérable en Europe occidentale où il reprit, en grande partie, la place des cuirs et des fourrures, qui étaient chers et n’offraient pas toujours une protection efficace contre la pluie et la neige. Ainsi des bottes de cuir glisseront sur la neige qui d’ailleurs les mouillera et les « brûlera » alors que des bottes de feutre (quasi-insensible à l'eau et à la neige) resteront sèches à l'intérieur.
Ainsi, avec le feutre, le Moyen-âge connut cinq tissus différents :
- les tissus de laine qui donnèrent les langes (vêtements) et dont les Génois tiraient le velours,
- les tissus de lin qui donnèrent les linges (draps ou vêtements),
- les tissus de bure fait de chanvre souvent grossier, proche de la ficelle, de basse qualité : vêtements, robes, ameublement (à l'origine du mot bureau), réservés aux moines, aux pèlerins et aux serfs
- les tissus de soie, ou soieries, venus de Chine par la Route de la soie, de haute qualité, ils étaient réservés aux seigneurs et aux évêques. Sur tissés ou sur cousus de fil d’or, ils donnaient de magnifiques brocards. Leur usage était extrêmement marginal.
A ces cinq tissus, il faut ajouter le cuir, les fourrures et les cottes de mailles en acier.
Selon la légende, Saint Clément aurait découvert le feutre lorsqu'il était moine-errant ; ayant l'habitude de mettre de la fibre de lin dans ses chaussures pour se protéger les pieds, il aurait remarqué que le mélange sueur et lin, écrasé par ses pieds, se trouvait aggloméré. Par la suite, devenu évêque, il aurait formé des groupes de travailleurs pour améliorer la technique. Bien que cette légende ne repose sur rien, Saint-Clément est le saint patron des fabricants de feutre et sa fête le 23 novembre est souvent chômé chez les chapeliers.